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Si tu es arrivé ici, nous pourrons peut-être échanger quelques idées...

Soyons fous !

Publié le 21 Mars 2017

(trop tard, nous le sommes déjà ! )

"Les folies", disait Oscar Wilde, "sont les seules choses que l'on ne regrette jamais". Charles Darwin a commis une folie dans sa vie : son voyage de 5 ans autour du monde sur un rafiot commandé par un psychorigide, et c'était bien une folie qu'il ne l'a jamais regrettée... pour le reste, c'était un très raisonnable père de famille à la vie réglée comme une horloge.

"Les seules choses que l'on ne regrette jamais..." et j'ajouterais "...que l'on paye à chaque fois", car, comme le chantait Georges Brassens, "...les braves gens n'aiment pas que, l'on suive une autre route qu'eux".

Wilde disait aussi "Je résiste à tout, sauf à la tentation".

Et il a osé répondre à Karl Marx (qui a écrit que "L'alcool est la malédiction des classes travailleuses") que "Le travail est la malédiction des classes buveuses"...

Wilde était homo, et assez marginal. Darwin hétéro et assez conformiste. Pourtant, quelle extraordinaire similitude entre les réactions actuelles face au modèle (et non “théorie”) des genres, et celui de l’évolution, quand Darwin et Wallace on publié leurs ouvrages au XIX-e siècle ! Pour que le modèle des genres soit faux, il faudrait que le comportement de l’espèce Homo sapiens soit entièrement déterminé par ses gènes (c'est à dire par Dieu, selon les adversaires des "genres") et que les pulsions et instincts correspondent donc forcément au sexe génétique.

Mais si c’était le cas, il n’y aurait qu’une seule et unique sexualité dans toute l’humanité : tous hétéros, en position du missionnaire, en deux minutes et basta : reproduction d’abord ! ! ! ! Or ce n’est pas le cas. L’espèce Homo sapiens a une grande liberté éthologique (comportementale) et tend à l’élargir. La diversité règne, pour le meilleur (l'imagination, la fantaisie, la joie, l'amour) et pour le pire (les abus, les maltraitances, les perversions, l'humiliation de l'autre et de soi).

Que les ennemis du “modèle des genres” n'aiment pas cette diversité, en déplorent les dérives et lui préfèrent tel ou tel modèle proposé par telle ou telle morale, religion ou coutume est, en démocratie, leur droit le plus élémentaire. Mais qu'ils tentent de faire passer leur modèle préféré pour le seul “naturel” et tous les autres pour “contre-nature” est de mauvaise foi, car si la fécondation ovule-spermatozoïde est naturelle (nous en venons tous), si l’intromission et l’éjaculation aussi (mais pas forcément dans un vagin), tout le reste, mariage inclus, est culturel et rituel.

Par conséquent, l’espèce Homo sapiens peut choisir de donner à ce tout, les formes qu’elle veut. Une grande diversité de formes. Ce qui insupporte aux ennemis du “modèle des genres” c’est précisément ce choix, cette liberté, cette diversité, cette évolution. À ce propos, si le modèle de l’évolution était faux, nous serions tous d’immuables clones de nos parents ad vitam aeternam, nous aurions tous, toujours, la même tête, le même comportement, les mêmes idées – une perversion absolue du désir d’égalité.

Pourquoi est-ce que cette liberté, cette diversité, cette évolution est insupportable aux ennemis du “modèle des genres” ? Parce qu’eux ne l’ont pas : ils ont été élevés dans l’idée que la vie ne nous appartient pas, que la sexualité ne nous appartient pas, le destin ne nous appartient pas. Ils ont intégré cette idée, et parce qu’eux, inconsciemment (hélas), en souffrent, ils voudraient l’imposer au monde entier, en une égalité monstrueuse, par la contrainte : "si moi je suis coincé et complexé, tout le monde devrait l'être pareil !" Or autant la liberté sans égalité n’est que porte ouverte à l’injustice, autant l’égalité sans liberté n’est que tombeau hermétiquement clos de tout espoir, les deux étant la mort de la fraternité, et je sais de quoi je parle puisque j’ai vécu aussi bien à l’orient qu’à l’occident du rideau de fer qui a eu une grande importance dans ma vie.

Ceux qui disent que la vie ne nous appartient pas, nous expliquent que c'est parce qu'"elle est un don de Dieu". Mais si c'est bien un don, pourquoi ne pourrions-nous pas en faire ce que nous voulons (y compris y mettre un terme lorsque nous le décidons)? C'est parce que, dans leur mentalité, la vie n'est pas un don comme ils l'affirment, mais une location (puisque nous devons, comme loyer, l'obéissance au Créateur).

On nous a fait le coup du Dieu-juge, du Dieu-gendarme, du Dieu-jaloux ; voici à présent le coup du Dieu-rapiat. Ce "dieu"-là n'est rien d'autre que le reflet de la soif de pouvoir de celles et de ceux qui s'en prévalent. Un reflet étriqué et mesquin comme l'éducation dont ils abreuvent leurs enfants, et dont les seules soupapes sont les perversions secrètes qui bourgeonnent dans tant de ces "bonnes familles": aux urgences des hôpitaux ou aux postes de police, la partie visible de ce sombre iceberg perce parfois la surface lisse et glaciale des convenances.

Il y a bien pourtant une chose que nous recevons en prêt de l'univers et que nous devons rendre jusqu'au dernier brin, qu'on le veuille ou non. Ce n'est pas la vie : celle-ci est bien un don. Ce sont les atomes composant notre corps. Même les plus rapiats des rapiats devront tout rendre comme ils ont tout emprunté. Partager, même s'ils ont horreur du partage.

A ce propos, avez-vous remarqué comment dans tous les pays, les gens qui vont le plus souvent prier dans des lieux où il est question de fraternité, de justice, d'amour et de partage, sont aussi ceux qui votent le plus souvent pour des partis qui proposent de réduire les impôts, les services publics, le nombre de fonctionnaires, les aides de solidarité publique et l'accueil des démunis, c'est à dire de réduire la fraternité, la justice, l'amour et le partage ? Bizarre, non ?

Et maintenant, détendons-nous un peu. Imaginons une personne transsexuelle, la question est :

  • si c’est un garçon homo devenu fille, est-elle hétéro ?

  • si c’est un garçon hétéro devenu fille, est-elle homo ?

  • si c’est une fille homo devenue garçon, est-il hétéro ?

  • si c’est une fille hétéro devenue garçon, est-il homo ?

Ne vous grattez pas la tête et ne foncez pas les sourcils : ça n’a aucune importance, ce ne sont que des mots ! Mais remarquez tout de même la symétrie de la chose... L’essentiel est d’aimer et de respecter l’autre, tout le reste n’est que perte de temps.

 

Soyons fous !
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