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Si tu es arrivé ici, nous pourrons peut-être échanger quelques idées...

Politique

Publié le 18 Avril 2017

La paix, la stabilité, les chicanes, les soucis de tous les jours t'ennuient ? C'est normal. Tu fais partie du genre humain, et l'humain est un primate qui s'ennuie quand ça va bien. Il va alors chercher à nuire à l'un de ses semblables, de préférence plus faible que lui. Son imagination n'a pas de limites.

Ca t'exaspère ? Peut-être que des miradors, des barbelés, des camps pourraient régler tes comptes ? Tu dois alors démolir les libertés et les solidarités ! Ces libertés et ces solidarités, qui, parce qu'elles coûtent des taxes et limitent la liberté de nuire à autrui, emmerdent toute une foule de gens qui ne sont pas tous des pauvres et des chômeurs, loin de là ! Seulement voilà : ce qu'ils ont acquis en biens leur a coûté si cher sur le plan humain, qu'ils tueraient plutôt que de les partager, même à 1% seulement ! Notre démocratie sociale est un jardin patiemment créé par nos devanciers humanistes et/ou grévistes, mais un jardin fragile, qui, sans entretien, redeviendrait vite un lacis de ronces, d'orties et de chienlit, comme le montre l'actualité...

Veux-tu des miradors, des barbelés, des camps ? Pour commencer, un simple bulletin dans l'urne peut faire l'affaire. Adolf a été démocratiquement élu selon les lois débonnaires de la République de Weimar qu'il ne cessait de critiquer. Neuf mois après cela, l'Allemagne se retirait de la Société des nations. Six ans après, l'Europe était à feu et à sang. Dix ans après, Auschwitz tournait à plein régime. Douze ans après, l'Allemagne (et une douzaine d'autres pays) n'était plus que ruines, 11% de la population avait été tuée, toute l'Europe de l'Est tombait dans un régime à miradors, barbelés et camps de travail forcé dont presque personne ne voulait admettre l'existence et dont presque personne n'aime parler aujourd'hui, et un rideau de fer coupait le continent en deux. Vous en re-voulez ? Y'en aura pour tout le monde !

Auschwitz est un nom. Derrière ce nom il y a du sang, des larmes, la mort, l'oubli, la mémoire. Derrière le sang, les larmes, la mort, l'oubli et la mémoire il y a toute une machine, toute une logistique, toute une logique, toute une idéologie, toute une préparation. Auschwitz n'est pas une découverte. Auschwitz est un aboutissement. Auschwitz n'est pas une île isolée. C'était une partie de tout un archipel. Du point de vue juif cet archipel compte une vingtaine d'îles : les camps des nazis et de leurs émules dans les pays satellites de l'Allemagne. Du point de vue laïc, plus de mille camps ont exterminé des millions de personnes de toutes origines et religions à travers le monde, et pas seulement pendant la seconde guerre mondiale. Auschwitz n'a été une surprise que pour les victimes que rien n'avait préparé à cela, et que pour les témoins qui manquaient d'information, d'éducation, de connaissance de l'être humain, de l'histoire et de ses horreurs.

Auschwitz ne concerne pas que les Juifs. La plupart des Juifs victimes de la Shoah ont été assassinés ailleurs, et les morts d'Auschwitz n'étaient pas tous Juifs, mais aussi Roms, Slaves, homosexuels, résistants et autres "sous-hommes". Croire qu'Auschwitz ne concerne que les Juifs, que le génocide de 1915 ne concerne que les Arméniens, que le Goulag ne concerne que les Soviétiques, que le Laogaï ne concerne que les Chinois, que PolPot ne concerne que les Cambodgiens ou que la traite d'esclaves ou le génocide Rouandais ne concernent que les Noirs, fragmenter ainsi la douleur humaine des victimes, et la rapacité humaine des bourreaux, c'est cracher sur les morts.

Et justement, Auschwitz a été profané. Pas une fois mais plusieurs. D'abord par les bourreaux eux-mêmes qui ont essayé d'effacer les traces de leurs crimes. Ensuite, par tous ceux qui en savaient assez pour décider qu'ils ne voulaient pas en savoir davantage, et qui ont fermé les yeux pendant et après le crime.

Parmi ceux-là, les Alliés vainement alertés par Ian Karski et Erwin Respondek, qui n'ont pas voulu bombarder les voies ferrées menant aux camps de la mort, parce que c'était loin de leurs bases et d'autant plus risqué et coûteux. Parmi ceux-là, les divisions du premier front ukrainien d'Ivan Koniev qui ont ralenti leur avance, comme elles l'avaient fait aussi devant Varsovie insurgée, pour laisser les nazis finir leurs massacres et éliminer des gens risquant de s'opposer aux dictatures.

Bien plus tard, quand l'ampleur et l'horreur du crime furent dévoilées, Auschwitz fut encore profané par ceux qui l'ont instrumentalisé au profit de leurs politiques, en le niant, en le banalisant ou en le sanctifiant pour relativiser d'autres crimes, contre d'autres peuples. Ainsi, les victimes d'Auschwitz ont été tuées deux fois : une fois pillées, insultées, humiliées et torturées, une seconde fois lorsque leur mémoire a été bafouée ou embrigadée.

Auschwitz est le maillon d'une chaîne monstrueuse d'évènements, de pensées et d'actes, un camp de concentration et de la mort parmi les milliers qui ont fonctionné de la fin du XIXe siècle jusqu'à l'aube du XXIe, et qui ont tué, en tout, près de 80 millions de personnes en 120 ans, plus de 1800 par jour ! Ce qu'Auschwitz a de particulièrement atroce, c'est n'est pas d'avoir ciblé un priorité telle ou telle catégorie religieuse, ethnique ou sexuelle (cela est une vision communautariste de l'horreur), c'est d'être le seul génocide industrialisé de l'histoire, la fameuse technique et efficacité allemande au service de la mort, avec récupération sordide des "produits dérivés" (beaucoup d'antisémites prétendent que les juifs aiment l'argent, mais en Europe nul n'a été plus rapace et systématique que les nazis !).

Les racines de cette monstruosité sont multiples. Des philosophes ont hiérarchisé les humains, défini des supériorités et des infériorités, relativisé la valeur de la vie individuelle par rapport à la collectivité, promu un "homme nouveau" coupé de ses racines judéo-chrétiennes, jugées aliénantes. Des idéologues ont détourné des concepts scientifiques, anthropologiques ou agronomiques, pour déshumaniser certaines catégories de personnes assimilées à des animaux nuisibles, et justifier ainsi leur extermination. Des politiciens, faisant passer la vengeance de classe ou de race pour de la justice, ont détourné la colère contre les classes dominantes du capitalisme mondialisé, pour en faire une haine viscérale contre les populations désignées comme boucs émissaires. Des ingénieurs ont assuré la logistique du transport, du regroupement et du travail forcé des détenus, expérimentée, perfectionnée et systématisée sous Lénine et Staline en URSS, où les officiers allemands conservateurs et nationalistes, allaient s'entraîner et se former en contournant les interdictions du traité de Versailles. La plupart de ces officiers se mirent au service des nazis dès 1933. D'autres ingénieurs étudièrent les abattoirs et les entreprises de dératisation pour "optimiser" la mise à mort et l'élimination des cadavres !

Pour les humanistes, l'anniversaire de la révélation en images d'Auschwitz il y a 70 ans, rappelle leur devoir de vigilance face à cet iceberg d'inhumanité dont les racines invisibles sont toujours là et peuvent ressurgir à tout moment, si les circonstances et les manipulateurs atteignent les seuils critiques.

Alors quand est évoqué le tourment caché, la faille obscure, la cicatrice camouflée, mais toujours présente de ton interlocuteur, quel qu'il soit, ne viens pas lui dire qu'il devrait "tourner la page" !!!!! Ca revient à lui dire : "ta souffrance m'emmerde !" Que de fois n'ai-je entendu cette invite à "tourner la page", y compris en milieu humaniste !

Me faire cette invite, c'est ton droit, certes. Mais alors assume et tiens-toi loin de celui qui souffre, ne viens pas l'entreprendre sur des choses qui, en fait, ne t'intéressent pas et que de toute manière tu ne pourras pas comprendre, puisqu'il ne s'agit pas de ta souffrance, ta vision de la vie, tes repères.

On ne "tourne pas la page" de la souffrance pour accéder au paradis factice de la congélation des larmes, sache-le. On vit avec nos cicatrices, nos peurs, nos failles, nos tics, mais on les dépasse. Ou même on en fait des atouts. En tout cas on les assume, on ne leur tourne pas le dos.

La seule page qui vaut d'être tournée, est celle de l'immaturité, des jérémiades et de la lâcheté. Non en fermant nos sens et en faisant semblant de rien, mais en étant soi, rien que soi mais tout soi, ombre et lumière, éclat et poussière, dans toute notre vérité et sincérité.

Parce que tourner la page, c'est DANGEREUX ! Regardez De Gaulle qui avait "tourné la page" de la Collaboration, refusé toute responsabilité française dans les actes du régime de Vichy, embauché Maurice Papon qui, après avoir envoyé à la mort des juifs innocents, fit tuer des algériens innocents, sans regret ni conscience, et sans rien sauver de la France en Algérie pour autant. Regardez Sarkozy qui a "tourné les pages" des crimes coloniaux (que le développement colonial n'excuse en rien) et du programme social-démocrate de la France gaullienne, et qui avec son "ni-ni", ne fait plus aucune différence entre une idéologie (socialiste) différente de la sienne (libérale) mais démocratique, et une idéologie nationaliste qui renie la démocratie (celle de Sarkozy tout autant que celle des socialistes) et qui a jadis mené aux crimes de Vichy et coloniaux.

Le "ni-ni", c'est la ressortie des égouts d'une France mesquine, calculatrice, délatrice, étriquée, sans honneur, sans grandeur, sans morale, sans autre avenir que d'admirer Poutine en enviant la Chine et en s'oubliant elle-même (comme on "s'oublie" sous soi). J'en pleurerais, moi qui n'ai pas trouvé ma nationalité française au berceau, et qui ai dû la mériter...

"Tourner la page", c'est devenir volontairement amnésique, c'est se lobotomiser soi-même, et c'est préparer le terrain pour REVIVRE le PASSÉ, faute de le connaître. Crise financière due aux excès des libéraux, pays en cessation de paiement, foules en colère, votes extrêmes, haine des étrangers, ça ne vous rappelle vraiment rien ?

Vous la voulez vraiment, la III-e guerre mondiale ? Vous le voulez vraiment, le retour des camps de concentration et de travail forcé ? La paix, la prospérité, la recherche de l'équité, la solidarité, la tolérance vous emmerdent ? Votez "ni-ni", votez Trump, votez Bibi, votez Poutine, votez "faucons", votez intégriste, votez xénophobe, votez irresponsable, et VOUS L'AUREZ (mérité) !

Friedrich Nietsche disait :

"Tout ce qui nous tue pas, nous rend plus forts !"

Dieudonné M'bala M'bala disait :

"La pornographie mémorielle autour de la Shoah, ça suffit !"

Boris Cyrulnik disait :

"Ce qu'expriment tous les négationnistes, de la Shoah ou du Goulag ou plus simplement de la faim dans le monde, c'est : votre souffrance nous emmerde !"

Joseph Biélot disait :

"En histoire, il y a des hypermnésies et des amnésies, une affreuse concurrence mémorielle qui exprime non la voix des victimes mais les querelles actuelles, c'est immonde !"

Charles Aznavour disait :

"Qui ne fait sien tous les génocides, n'en fait sien aucun !"

Le premier justifie la souffrance par ce qu'on n'appelait pas encore la "résilience", mais oubliait que toutes les victimes ne sont pas résilientes, il en est qui crèvent, il en est qui restent à jamais estropiées du corps, de l'âme ou des deux. C'est un peu court monsieur Nietsche.

Le deuxième, outré que la mémoire de la Shoah soit mieux maintenue (ou moins mal) que celle de l'esclavage, s'est pris dans l'engrenage venimeux de la concurrence mémorielle, c'est elle la véritable "pornographie", et il est devenu complice des négationnistes, la jalousie menant à la haine et la haine à de nouveaux crimes. Monsieur M'bala, vous avez gazé votre âme avec les pets des racistes de tout poil (qui vous chient dessus en fait, car pour eux un négro, un bicot ou un youpin, ce sont de toute façon tous des cafards).

Le troisième a expliqué la réaction du second. Brillant et bref comme d'habitude monsieur Cyrulnik, alors qu'il s'agit de questions très complexes, mais que vous parvenez, mieux que quiconque, à résumer dans les 3 minutes max imparties par la télé. C'est exact : "votre souffrance nous emmerde, vous autres !"

Le quatrième a mis lui aussi le doigt sur une réalité qui chie carrément sur les fosses communes des victimes, et je mesure mes mots. L'amnésie, le négationnisme, est un second meurtre. Monsieur Biélot a été trop poli pour l'exprimer ainsi, mais qui nie la Shoah, le Goulag ou la misère sur laquelle se bâtissent nos fortunes, qui se fout de tous les crimes en dehors de celui qui l'a personnellement touché, "chie sur le sang des morts".

Le dernier, Aznavour, a tiré la meilleure conclusion qui soit, la seule humaine. Le sang de tous les humains est rouge, et tous ceux qui ont été tués non pour ce qu'ils avaient pu faire, mais uniquement pour ce qu'ils étaient par leur naissance, leur physique, leur origine ou leur culture, "méritent également notre vénération", ou au moins notre compassion.

Pour les élections futures, bien sûr je ne ferai pas la promotion de tel ou tel candidat, ne te dirai pas quel bulletin je mettrai dans l'urne et ne te demanderai pas quel sera le tien. En revanche, j'ai conçu une grille d'évaluation des candidats que je te joins ici, à titre de matière à réflexion. Clique dessus pour l'agrandir et pouvoir la lire, et fais-en ce que bon te semble.

Mais quoi qu'il arrive, fais marcher tes neurones, ne vote pas "lobotomie". Si tu ne le fais pas pour les morts (pour qu'ils ne soient pas morts pour rien), fais-le pour ta propre peau, pour éviter la guerre. Si tu ne le fais pas pour toi, fais-le au moins pour tes gosses, pour ta descendance.

Politique

 

Certains pensent que les élections sont des "pièges à cons".

Parmi eux, ceux qui sont logiques vont à la pêche ; il y en a qui préfèrent prier, d'autres bambocher.

Parmi les abstentionnistes, ceux qui sont logiques n'expriment pas d'opinions ; quelques-uns expriment de la satisfaction. Mais d'autres, et ils sont nombreux, râlent, en dépit de toute logique, puisque si tu n'as pas exprimé de désirs, d'idées, de préférences, tu n'as pas à te plaindre que l'on n'en tienne pas compte. 

Parmi ceux pensent que les élections sont des "pièges à cons", certains présentent quand même des candidats parce que c'est la seule occasion de faire entendre leurs idées.

Parmi ceux-ci, il y en a qui ne croient pas à la démocratie pluraliste, qui pour eux n'est qu'un masque de l'exploitation de l'homme par l'homme. Le diagnostic de ces révolutionnaires n'est peut-être pas mauvais, mais les traitements qui ont été proposés au nom de leurs doctrines ont fait des millions de morts et ont jeté dans des camps des millions de citoyens devenus esclaves, sans pour autant abolir l'exploitation de l'homme par l'homme, et au final l'ordre social et économique qu'ils abhorrent, en est sorti renforcé.

Le problème de toute révolution est qu'elle est récupérable, détournable, monopolisable. Napoléon comme Lénine, Staline, Mao et bien d'autres l'ont bien compris : tous ont beaucoup de sang sur les mains, et tous ont été applaudis par d'autres mains, précisément parce que les leurs étaient très sales.

Parmi les mains qui applaudissaient ces tyrans, certaines le firent parce que c'était un moyen, souvent le seul, de rester en vie. D'autres pour profiter le plus grassement possible des miettes du tyran pendant que la majorité du peuple crevait de faim et tremblait de terreur. Les pires sont peut-être les mains qui ont applaudi alors qu'elles étaient à l'abri, loin de la misère et de la terreur, les mains qui n'avaient à y gagner que de la notoriété et un fan-club. Celles-là ont vraiment craché sur les tombes des victimes. Leur leit-motiv était qu'"on ne fait pas d'omelette sans casser des œufs". C'est bien facile de dire ça, quand on n'est pas soi-même l'œuf.

Entre Berlin et Pékin, entre La Havane et Hanoï, entre Moscou et Addis-Abeba, nous avons très bien vu casser les œufs, mais nous attendons encore l'omelette. Ce sont finalement ces affreux capitalistes qui l'ont amenée, l'omelette, avec des émulsifiants, des exhausteurs de goût, des conservateurs, trop de sucres et de sels, et à partir de poules élevées en batterie (comme les prisonniers de nos camps de travail) et nourries de granulés à base de cadavres d'animaux, importés depuis des pays où les humains sont moins bien nourris que les chiens des pays riches, et d'où ils cherchent à fuir par tous les moyens pour venir goûter l'omelette capitaliste là où il y en a. Ceux qui voient en eux des compagnons de combat révolutionnaire se fourrent le doigt dans l'œuf jusqu'aux Pâques aztèques !

Des "pièges à cons", les élections ? Peut-être, si elles vous amènent à préférer les systèmes semblables à ceux de Poutine, d'Erdogan, de la Chine ou de la plupart des pays d'Afrique. À court terme, un pays clivé sera une expérience intéressante. Il y aura de l'ambiance, des horions, du bleu (dans nos gueules), du blanc (dans la presse censurée) et du rouge (par terre - vous éviterez de marcher dedans... le sang c'est glissant). À moyen terme vous finirez tôt ou tard par en être débarrassés, des élections. C'est une première étape sur le chemin de "Sans-Souci". Sans le souci de choisir, sans celui de penser, sans même celui de vivre si vous pétez de travers. A plus long terme, la Corée du Nord comme avenir radieux (et radioactif, c'est le même prix) pour nos enfants.

Des "pièges à cons", les élections ? peut-être, peut-être pas. Tout dépend de ce que vous en ferez.

À vous de voir !

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