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Si tu es arrivé ici, nous pourrons peut-être échanger quelques idées...

Virus politique, virus scientifique

Publié le 19 Mai 2020

Virus d'extrême droite par Charles Eisenstein.

Selon les pays, la pandémie "Covid-19" a créé un précédent pour :

    * le suivi du déplacements des personnes à tout moment  ;
    * la suspension de la liberté de réunion ;
    * la surveillance militaire des civils ;
    * la censure de l'Internet (pour lutter contre la désinformation, à cause des fake-news) ;
    * la souveraineté de l'État sur notre corps ;
    * la classification de toutes les activités et objectifs dans les catégories expressément autorisées ou expressément interdites (vous pouvez quitter votre maison pour ceci, mais pas pour cela), en éliminant toute zone grise non policée et non judiciarisée.

Virus de droite par Mustafa Dahleb.

Ce que le gouvernement français n’a pu obtenir, ce petit machin l’a obtenu (les gilets jaunes se sont arrêtés).

Ce que l’armée algérienne n’a pu obtenir, ce petit machin l’a obtenu (le mouvement protestataire du Hirak a pris fin).

Ce que les entreprises n’ont pu obtenir, ce petit machin l’a obtenu (remise d’impôts, exonérations, crédits à taux zéro, fonds d’investissement, subventions de l’état, baisse des cours des matières premières stratégiques...)

Les aides massives sont allées aux plus grosses entreprises, sans condition de garanties sociales et environnementales.

La toute-puissance des "GAFAM" (géants de l'internet) et les labos pharmaceutiques augmente dans des proportions inquiétantes.

Virus de gauche (ou "gauche réformiste") par Mustafa Dahleb.

Le coronavirus remet tout en question et chamboule l’ordre établi. Tout se remet en place, autrement, différemment. On peut espérer que ça durera après...

Ce que les grandes puissances occidentales n’ont pu obtenir en Syrie, en Libye, au Yémen… ce petit machin l’a obtenu (cessez-le-feu, trêve…).

Soudain, on observe dans le monde occidental le carburant a baissé, la pollution a baissé, les gens ont commencé à avoir du temps, tellement de temps qu’ils ne savent même pas quoi en faire. Les parents apprennent à connaître leurs enfants, les enfants apprennent à rester en famille, le travail n’est plus une priorité, les voyages et les loisirs ne sont plus la norme d’une vie réussie.

La peur a envahi tout le monde. Elle a changé de camp. Elle a quitté les pauvres pour aller habiter les riches et les puissants. Elle leur a rappelé leur humanité et leur a révélé leur humanisme.

Soudain, nous réalisons que nous sommes tous embarqués dans le même bateau, riches et pauvres. Nous réalisons que nous avions dévalisé ensemble les étagères des magasins et constatons ensemble que les hôpitaux sont pleins et que l’argent n’a aucune importance. Que nous avons tous la même identité humaine face au coronavirus.

Puisse cela servir à réaliser la vulnérabilité des êtres humains qui cherchent à aller habiter sur la planète mars et qui se croient forts pour cloner des êtres humains pour espérer vivre éternellement.

Soudain, en silence, nous nous retournons en nous-mêmes et comprenons la valeur des mots solidarité et vulnérabilité.

Quelques jours seulement ont suffi à l’univers pour établir l’égalité sociale qui était impossible à imaginer.

Virus d'extrême-gauche (ou "gauche révolutionnaire") par Mustafa Dahleb.

Ce que les gilets jaunes et les syndicats n’ont pu obtenir, ce petit machin l’a obtenu (baisse de prix à la pompe, protection sociale renforcée…).

Ce que les opposants politiques n’ont pu obtenir, ce petit machin l’a obtenu (report des échéances électorales...).

Virus écologiste par Mustafa Dahleb.

Soudain, les rues, les parcs, les plaines, les montagnes, les plages, les prairies se sont vidées d'humains et se sont repeuplées d'une faune redevenue visible : les lombrics ont recommencé à creuser les sols qui ont recommencé à filtrer, les papillons ont recommencé à polliniser, les abeilles ont cessé de mourir en masse, comme si la terre poussait un immense soupir de soulagement.

Nous réalisons que dans les garages, les voitures haut de gamme sont arrêtées juste parce que personne ne peut sortir.

Virus philosophe par Mustafa Dahleb.

Puisse cela servir à réaliser la limite de l’intelligence humaine face à la force de la nature.

Il a suffi de quelques jours pour que la certitude devienne incertitude, que la force devienne faiblesse, que le pouvoir devienne solidarité et concertation.

Il a suffi de quelques jours pour que l’Afrique devienne un continent sûr. Que le songe devienne mensonge.

Il a suffi de quelques jours pour que l’humanité prenne conscience qu’elle n’est que souffle et poussière.

Qui sommes-nous ? Que valons-nous ? Que pouvons-nous face à ce coronavirus ?

Rendons-nous à l’évidence en attendant la providence.

Interrogeons notre « humanité » dans cette « mondialité » à l’épreuve du coronavirus.

Restons chez nous et méditons sur cette pandémie.

Aimons-nous vivants !

Virus vu par les scientifiques

* Le virus n'est pas un organisme vivant, mais un prébiote (ensemble de molécules de protéines ADN). Certains prébiotes sont entrés dans la composition des premiers archées et bactéries, qui elles-mêmes sont entrées dans la composition des premiers eucaryotes (cellules à noyau) qui, en s'associant, ont formé les premiers organismes : ce processus d'associations (symbioses) a pris plus de trois milliards d'années. Un virus est donc une "brique fondamentale" de la vie, mais il n'est pas de la vie. À côté d'un virus, une bactérie a la taille et la complexité d'un Airbus à côté d'un patin à roulettes, et une cellule à noyau a la taille et la complexité d'un grand aéroport comme Roissy.

* Les virus sont en général attachés à une ou plusieurs espèces d'organismes, mais en mutant, ils peuvent traverser la barrière des espèces. La lignée humaine a ainsi reçu, à de nombreuses reprises au cours de son histoire, des virus d'origines diverses, par des piqûres d'insectes ou par contact direct (alimentaire, ou dû à la domestication), et le Covid-19 n'est que le dernier d'une longue série. Au début, chaque virus, comme chaque archée ou bactérie, ou autre commensal, peut être létal pour les humains les plus affaiblis, mais sa présence immunise les autres. Ce processus a été modélisé par Charles Darwin comme une "sélection naturelle" et a été décrit par Friedrich Nietzsche à travers la citation "tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts".


* Cette "brique fondamentale" de la vie qu'est le virus, est recouverte d'une couche protectrice de lipides (graisses) qui, lorsqu'elle est absorbée par les cellules des muqueuses oculaires, nasales ou buccales, modifie leur code génétique (mutation) et les convertit en cellules-usines répliquant exponentiellement le virus.

* Parce que le virus n'est pas un organisme vivant mais une molécule de protéine, il n'est pas tué, mais se décompose de lui-même. Le temps de désintégration dépend de la température, de l'humidité et du type de matériau dans lequel il se trouve.

* Le virus est très fragile ; la seule chose qui le protège est sa couche de graisse extérieure. C'est pourquoi tout savon ou détergent est le meilleur remède, car la mousse "casse" le gras (c'est pourquoi il faut frotter autant : pendant au moins 20 secondes ou plus, et faire beaucoup de mousse). En dissolvant la couche de graisse, la molécule de protéine se disperse et se décompose d'elle-même.

* La chaleur dissout la graisse ; utilisez ensuite de l'eau à une température supérieure à 25 degrés pour vous laver les mains, les vêtements et tout le reste. De plus, l'eau chaude produit plus de mousse, ce qui la rend encore plus utile.

* L'alcool ou tout mélange avec de l'alcool à plus de 65% dissout toute graisse, en particulier la couche lipidique externe du virus.

* Tout mélange avec 1 partie d'eau de javel et 5 parties d'eau dissout directement la protéine, la décomposant de l'intérieur.

* L'eau peroxyde aide beaucoup après le savon, l'alcool et le chlore, car le peroxyde dissout la protéine virale, mais il faut l'utiliser pure et elle fait mal à la peau.

* Pas de Bactéricides. Le virus n'est pas un organisme vivant comme les bactéries ; on ne peut pas tuer ce qui n'est pas vivant avec des antibiotiques, mais désintégrer rapidement sa structure selon ce qui vient d'être exposé.

* Ne secouez pas les vêtements, draps ou draps usagés ou non utilisés. Le virus, collé sur une surface poreuse, est inerte et se désintègre en 3 heures (tissu poreux), 4 heures (cuivre,naturellement antiseptique, et bois naturel s'il absorbe l'humidité), 24 heures (carton), 42 heures (métal) et 72 heures (plastique). Mais si vous le secouez ou utilisez un chiffon, les molécules du virus flottent dans l'air où elles restent intactes pendant 3 heures et peuvent se déposer dans votre nez.

* Les molécules virales restent très stables dans le froid extérieur ou artificiel comme les climatiseurs des maisons et des voitures. Ils ont également besoin d'humidité pour rester stables et surtout de l'obscurité. Par conséquent, les environnements déshumidifiés, secs, chauds et lumineux le dégraderont plus rapidement.

* La lumière UV sur tout objet brisera la protéine du virus. Par exemple, pour désinfecter et réutiliser un masque c’est parfait. Attention, n'exposez pas votre peau car les UV décomposent également le collagène (qui est une protéine) de la peau, ce qui finit par provoquer des rides et le cancer de la peau.....(long terme).

* Le virus ne peut pas traverser une peau saine, mais seulement s'il y a des éraflures, irritations ou blessures ; en revanche il traverse les muqueuses humides.

* Le vinaigre est sans effet car il ne décompose pas la couche protectrice de la graisse.

* Pas d'alcools de consommation, ni de vodka (en dépit de la blague "la vodka tue le vi-russe") car même la plus forte est à 40 % d'alcool or il vous en faut 65 % minimum.

* La Listérine (bain de bouche américain) fonctionne car il s'agit d'un alcool à 65 % : ne l'avalez pas, vous risquez le coma éthylique.

* L'hydroxychloroquine réduit la charge virale une fois qu'on est infecté, mais n'immunise pas, n'empêche pas la contamination (n'arrêtez donc pas le confinement ni les gestes-barrière) et n'élimine pas complètement le virus : elle est une aide à la guérison et non une panacée.


 * Plus l'espace est limité, plus la concentration du virus est importante. Plus ouvert ou ventilé naturellement sera l’espace, moins il sera concentré.

* Ceci étant dit, voilà pourquoi vous devez vous laver les mains avant et après avoir touché des muqueuses, de la nourriture, des serrures, des boutons, des interrupteurs, une télécommande, un téléphone portable, des montres, un ordinateur, des bureaux, une télévision, etc. Et quand on utilise les toilettes.

* Il faut aussi s'humidifier les mains, par exemple en les lavant beaucoup, car les molécules peuvent se cacher dans des micro rides ou les coupures. Plus l'hydratant est épais, mieux c'est.

* Gardez les ongles courts pour que le virus ne s'y cache pas.

Source : Université John Hopkins < https://coronavirus.jhu.edu/map.html >

Mais selon les scientifiques, le virus est loin d'être la seule menace sur notre existence. Et loin d'être la plus inquiétabte (même s'il ne faut, bien sûr, pas relâcher la vigilance). En effet...

Il y a le rythme d'activité solaire et le changement climatique - sources : le GIEC et ces livres : Pascal Acot, "Histoire du climat - Du Big Bang aux catastrophes climatiques", Perrin 2005, ISBN: 9782262021610 ; Elisabeth Nesme-Ribes et Gérard Thuillier, "Histoire solaire et climatique", Belin 2000, ISBN: 2701119669 ; Monica Rotaru, Jerôme Gaillardet, Michel Steinberg et Jean Trichet : ''Les climats passés de la terre'', Vuibert 2007, ISBN: 978-2-7117-5394-9 ;  Emmanuel Le Roy Ladurie: • "Abrégé d'histoire du climat du Moyen Âge à nos jours", entretiens avec Anouchka Vasak, Fayard 2007, ISBN: 9782213635422 ; • "Histoire humaine et comparée du climat", Fayard 2004 ; • "Histoire du climat depuis l’an mil", Flammarion 1967 ; Jean-Baptiste Fressoz, Fabien Locher, "Le Climat fragile de la modernité", La Vie des idées, Collège de France < https://laviedesidees.fr/L-Histoire-face-a-la-crise.html > ; Fabien Locher, "L'Histoire face à la crise climatique", La Vie des idées, Collège de France < https://laviedesidees.fr/Le-climat-fragile-de-la-modernite.html >

* Durant les 3,8 milliards d'années de l'histoire naturelle (la "biographie" de notre planète) le climat, autrement dit le régime thermodynamique de l'atmosphère et de l'hydrosphère, n'a jamais cessé d'évoluer, et les espèces vivantes de devoir s'y adapter pour survivre. Les causes de ces évolutions sont multiples : activité solaire, activité volcanique, activité bactérienne, chute de corps célestes, changements d'état de l'eau (vapeur, liquide, solide)...

* Durant 80% de ce temps, le climat le plus habituel de la Terre est tropical toute l'année quasiment d'un pôle à l'autre, sans neiges ni glace (sauf sur les montagnes polaires), avec une température moyenne de 22°C au lieu de 16°C actuellement : c'est la "planète-serre" avec des phases humides (jungle sur presque toute la planète) ou sèches (grandes étendues désertiques) et un niveau de la mer plus élevé de 150m en moyenne, que de nos jours.

* Durant 20% de ce temps, il y a eu des phases glaciaires interrompues par des inter-glaciaires plus douces, voire à nouveau tropicales : c'est la "planète-igloo" ; durant les plus sévères des glaciations (il y a 800 ou 1200 millions d'années) les glaces recouvrirent toute la planète exceptée une mince bande équatoriale de toundra : ce fut la "planète-boule-de-neige".

* Un réchauffement climatique est par conséquent une évolution naturelle. L'actuel a d'ailleurs commencé il y a 12.000 ans à l'issue de la dernière phase glaciaire : le "Würm". Le niveau de la mer était, pendant le "Würm", 120 plus bas qu'aujourd'hui est est monté rapidement entre 8000 et 6000 ans avant le présent ; il fut ensuite stable. Toutefois l'actuel réchauffement est accéléré et intensifié depuis 200 ans par les gaz à effet de serre émis par les activités humaines, et la montée du niveau des mers vient de reprendre. Il semble que l'on se dirige vers un retour à la "planète-serre", en phase sèche (désertification).

* Ces changements sont en partie naturels et en partie artificiels : il est scientifiquement essentiel d'en comprendre les mécanismes et politiquement vital de prendre les moyens de les modéliser et de s'y adapter ; en revanche il est stérile à tout point de vue, y compris éthique et philosophique, de chercher des coupables et d'en profiter pour régler des comptes inter-générationnels ou idéologiques.

* Les réponses politiques, économiques, technologiques, géonomiques, urbanistiques, démographiques et agricoles au changement climatique qui intégreront d'une part les données scientifiques, et d'autre part les notions basiques du rôle de la coordination, de la coopération, du partage et de la redistribution, permettront de s'adapter à ce changement paisiblement, rationnellement et en temps utile.

* Les réponses basées sur l'irrationnel, l'isolationnisme, le communautarisme, l'avarice, l'égoïsme et l'ignorance conduiront, elles, à des tensions, des affrontements, des violences et des retards dans l'adaptation, et surtout accéléreront davantage le réchauffement. Cela peut réduire fortement le nombre d'humains, ce qui aura pour effet de ralentir le changement climatique et d'enrayer l'appauvrissement de la biodiversité (voir partie suivante).

* Selon les modélisations de l'ingénieur King Hubbert (de chez "Shell") et du GIEC, il y a un demi-siècle (1970), il était encore temps de limiter le changement climatique en divisant par deux nos émissions de gaz à effet de serre, notre consommation d'eau, notre déforestation ; actuellement (2020) il est pour cela trop tard car l'inertie des phénomènes lancés (le "volant thermique") est colossale et même si nous "arrêtions tout", le réchauffement et les contrastes climatiques ne cesseront de s'accentuer (s'ils cessent) que dans cinq siècles à un millénaire. On ne peut que s'y adapter.

* Concrètement cette adaptation signifie de nouvelles pratiques technologiques (matériaux recyclables, production d'énergies à échelle locale, réserver les hautes technologies aux enjeux majeurs comme l'espace, la physique des particules et la paix), économiques (économie sociale, solidaire et de proximité, finance éthique, protection des ressources, redistribution, agriculture et aquaculture durables), géonomiques (climatisation physique sans consommation thermique ou électrique, constructions souples anticyclones et antisismiques, urbanisme "doux", transports diversifiés, collectifs et sans hydrocarbures, navires à turbovoiles, dirigeables à énergie solaire et à hélium, partage des espaces et des voies et, en milieu littoral, habitat amphibie sur pilotis ou supports flottants) et quotidiennes (entraide à l'échelon local, économie des gestes et des consommations, tri et recyclage).

* Il est également possible d'enrayer la désertification en limitant le surpâturage avec la participation des populations concernées et en ménageant des zones de régénération de la biodiversité.

* La surveillance de l'activité solaire, celle du champ magnétique terrestre et la mise à l'abri des banques de données numériques sont aussi un enjeu majeur, car si une tempête magnétique solaire majeure, ou bien une inversion du champ magnétique terrestre nous surprenaient, tout ce qui est électronique (communications, transactions, orientation) pourrait être grillé avec comme conséquence un arrêt total et brutal de l'économie, sans commune mesure avec le "coup de frein" du Covid-19. Et aussi une perte possible du contrôle des accélérateurs de particules et des centres de recherche sur la fusion.

Il y a la micro-pollution et la réduction de la biodiversité - sources : le Muséum national d'Histoire naturelle < https://www.mnhn.fr/ >, mon premier employeur (1975-1985) et ces livres : François Ramade, "Éléments d'écologie", Dunod 2012 ; Gerardo Ceballos, Paul R. Ehrlich, Anthony D. Barnosky, Andrés García, Robert M. Pringle et Todd M. Palmer, "Accelerated modern human–induced species losses: Entering the sixth mass extinction", Science Advances, vol. 1, n° 5,‎ 19 juin 2015 (DOI 10.1126/sciadv.1400253) ; Gerardo Ceballos, Paul R. Ehrlich et Rodolfo Dirzo, "Biological annihilation via the ongoing sixth mass extinction signaled by vertebrate population losses and declines", PNAS, vol. 114, n° 30,‎ 25 juillet 2017 (DOI 10.1073/pnas.1704949114) et l'article "Le déclin massif de la biodiversité menace l’humanité" par Audrey Garric et Pierre Le Hir dans "Le Monde" du 23 mars 2018 < https://www.lemonde.fr/planete/article/2018/03/23/sur-tous-les-continents-la-nature-et-le-bien-etre-humain-sont-en-danger_5275433_3244.html >.

* Depuis soixante ans la micro-pollution, chimique par particules toxiques non-biodégradables (notamment plastiques) et radioactive (par les isotopes rejetés) augmente inexorablement et imprègne l'atmosphère (donc on en respire), les eaux (donc, malgré toutes les filtrations, on en boit), tous les réseaux trophiques (alimentaires) en mer comme à terre (donc on en mange). Pas un seul centimètre carré ou cube de la Terre n'est épargné, d'un pôle à l'autre et de la troposphère au soubassement rocheux de nos sols et du fond des mers, tous les fonds de toutes les mers. La cruelle sélection, non plus naturelle mais artificielle, a déjà commencé : les êtres qui résistent le moins longtemps à cette pollution, qui développent des tumeurs et autres pathologies le plus vite, mourront les premiers, et, pour les plus fragiles, dès l'enfance, sans avoir eu le temps de se reproduire. Si Nietzsche et Malraux étaient là, ils auraient pu dire : "l'Humanité future sera chimio- et radio- résistante, ou ne sera pas".

* Être chimio- et radio- résistant, concrètement cela veut dire pouvoir réparer son ADN détruit par la pollution, afin de survivre assez longtemps pour se reproduire, et transmettre cette résistance à sa descendance. Alors, l'Homo sapiens ? survivra ? survivra pas ? Du point de vue de l'histoire naturelle, aucune importance. Mais quelle ironie si l'Homo sapiens disparaît, par le moyen des polluants, mais fondamentalement en raison de sa voracité et de son imprévoyance, car on aurait pu éviter tout cela (cela fait plus de cinquante ans que les Cassandre scientifiques alertent) si on n'avait pas préféré écouter les sirènes de la surconsommation et du profit à tous les étages, depuis le milliardaire qui n'a jamais assez de milliards, jusqu'au bouffeur de bonbons chimio-sucrés bon marché qui n'a jamais assez de paquets multicolores... 

* La pollution contribue, avec la dégradation des milieux, à la réduction de la biodiversité. Les environ 3,5 millions d'espèces répertoriées d'êtres vivants (il semble que le nombre total soit d'environ 12 millions, mais la plupart, surtout microscopiques, restent inconnues et beaucoup disparaissent sans avoir été décrites) ont toutes un rôle à jouer dans la production d'oxygène, la régénération des sols, le recyclage de l'eau, l'absorption des gaz à effet de serre, les réseaux trophiques (tout ce qui est alimentaire), la digestion (flore intestinale), la régulation des proliférations et l'atténuation des contrastes climatiques.

* Quelques espèces domestiques mises à part, elles n'ont nul besoin de nous et ne se portent que mieux en notre absence, alors qu'en revanche nous dépendons d'elles, même lorsque nous voulons l'ignorer. À titre d'exemple, si on supprime loups et ours dans la montagne, certes les bergers ne perdront plus de brebis du fait de ces deux espèces (il restera les chiens errants, mais les pertes dues aux chiens ne donnent pas lieu à indemnisations). Mais cervidés et sangliers proliféreront, dévoreront les jeunes pousses, la forêt disparaîtra et la terre sera emportée à la rivière au fond de la vallée, dénudant la roche (et anéantissant les pâturages) et envasant la rivière qui perdra ses truites. En mer, l'appauvrissement de la biodiversité profite aux méduses (qui étaient déjà là il y a 500 millions d'années, avant que le reste n'apparaisse).

* La disparition des pollinisateurs (des milliers d'espèce, et pas seulement les abeilles) le plus souvent du fait des pesticides, entraîne celle de milliers d'espèces de plantes à fleurs qui, outre fruits et légumes, produisaient de l'oxygène, empêchaient les talus de s'effondrer, coupaient les vents, maintenaient les sols en bonne santé, sans compter leur rôle pharmaceutique.

* On peut enrayer cet appauvrissement en diminuant les pesticides (mais l'agriculture industrielle ne peut s'en passer, et les consommateurs qui veulent manger tous les jours des lipides, des glucides et de la viande ne peuvent se passer d'agriculture industrielle). Et aussi en laissant des espaces en friche, tant en ville qu'en milieu rural (mais les collectivités territoriales qui tentent l'expérience reçoivent de nombreuses plaintes pour non-entretien des espaces publics). Il existe une "peur de la Nature" analysée par François Terrasson dans le livre homonyme et dans "La civilisation anti-nature" : par exemple dans le processus de rurbanisation, des citadins importent la ville à la campagne en interdisant d'élever des volailles dans leurs résidences, et supportent très bien les tondeuses, mais pas les grenouilles dans leur voisinage et dans le midi, nous avons eu des demandes de résidents secondaires estivants pour gazer les cigales.

* Au lycée, en SVT, il existe entre autres des modules sur l'"écologie", mais leur efficacité est douteuse car chez 90% des lycéens elle n'empêche ni la "peur de la Nature" ni les ignorances et les préjugés qui vont avec, comme j'ai pu le constater tout au long de ma vie active de "médiateur scientifique".

Les PPR (plans de prévention des risques) - source Préfecture du Var, Préfecture maritime de Toulon et article < https://fr.wikipedia.org/wiki/Plan_de_pr%C3%A9vention_des_risques >.

* La législation prévoit des PPR pour tout : virus, pandémies, inondations, cyclones, glissements de terrain, séismes, volcans, voire même accident nucléaire. Mais elle n'en prévoit pas les moyens.

* Les astronomes et les climatologues réclament plus de satellites d'observation du soleil, des météorites et du climat ; les géologues, sismologues et volcanologues réclament plus d'observatoires du champ magnétique terrestre, des failles, des bords des plaques tectoniques et des volcans ; les microbiologistes et les généticiens réclament plus de moyens pour leurs laboratoires de recherche fondamentale ; les médecins et autres personnels soignants réclament que l'on cesse de gérer la santé comme un simple marché ; les physiciens et chimistes réclament plus de moyens pour chercher le "Saint-Graal" de l'énergie de l'Univers au coeur des particules élémentaires formant les atomes, et pour générer de nouveaux matériaux solides, souples et biodégradables à la place de ceux, comme les plastiques, qui ne l'étaient pas ; les écologues réclament davantage d'inventaires de la biodiversité et d'études sur son évolution ; les océanographes et les halieuticiens (spécialistes de la pêche) davantage de moyens d'exploration de la physique, de la "météorologie" et de l'écologie des mers et des océans et de leurs espèces exploitables. Mais ils se heurtent au "marché", prétexte protéïforme, véritable "blob financier" qui éradique tout ce qui n'est pas immédiatement et massivement rentable sur les plans économique et politique. Or seuls le présent et le court-terme peuvent être immédiatement et massivement rentables (pour une minorité et au détriment de la majorité). L'avenir, le long-terme ne sont rentables ni en terme de bénéfices ou de dividendes, ni en termes électoraux ou de prestige.

* De plus, des dysfonctionnements dus à la panique des autorités peuvent survenir. C'est ainsi qu'en 2002, la Préfecture du Var, la Préfecture maritime de Toulon, la Protection Civile et la Marine Nationale ont publié (avec notre argent à tous) des milliers d'exemplaires d'une plaquette de consignes à suivre en cas d'accident nucléaire ou autre (risques NBC). Mais quelqu'un, parmi les décideurs, a paniqué à l'idée que "cela affolerait la population"  et les palettes sont restées huit ans dans le vaste garage de la Préfecture du Var. La condensation et les changements de température ont favorisé les moisissures, les lépismes et les pseudoscorpions qui les ont grignotées. Et sans avoir été distribuées, elles ont fini à l'incinérateur de Lagoubran, à l'exception d'une dizaine qu'on a pu récupérer le jour même grâce à un ami officier. Sans commentaires...

* Tant que notre société aura comme valeur suprême le "marché" (pas le lieu d'échanges, mais le concept politique et philosophique), elle recommencera après chaque crise (guerre, pandémie, révolution...) car les envies, appétits et pulsions profondes de l'Homo sapiens  n'ont pas encore assez évolué. Et le problème, c'est que faute d'éducation, chez la plupart des Homo sapiens, l'alternative à la domination du "marché" n'est pas un état de droit, le droit du sol, le "vivre-ensemble", la démocratie et la laïcité. C'est la débrouille clientéliste, le droit du sang, l'intolérance, le communautarisme et la religion. Dans cette situation, la plupart des révolutions débouchent sur d'atroces dictatures dont les dirigeants finissent par revenir au... "marché", et un printemps (arabe ou pas) risque de déboucher sur des guerres civiles ou des théocraties. Malheureusement, il n'y a pas de PPR contre cela...

Virus politique, virus scientifique
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