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Si tu es arrivé ici, nous pourrons peut-être échanger quelques idées...

Dieu : l'actualité

Publié le 5 Octobre 2020

Dieu : l'actualité
Le blasphémateur lapidé (Gérard Hoet et Abraham de Blois, "Figures de la Bible", éd. P. de Hondt, La Haye 1728).

Le blasphémateur lapidé (Gérard Hoet et Abraham de Blois, "Figures de la Bible", éd. P. de Hondt, La Haye 1728).

L'actualité de la fin 2021, depuis plus de soixante ans, c'est toujours le Liban qui s'enfonce dans la misère, la Syrie qui exporte sa population, la Palestine qui ne parvient pas à émerger et que tout le monde lâche, Israël qui n'a jamais été en paix, l'Irak toujours déchiré... Qu'est-ce qui divise ces peuples, ainsi que les Chypriotes, les ex-yougoslaves, les Caucasiens ?

La religion.

Elle divise dans tous ces pays et bien d'autres. Elle divise entre Méditerranée et Jourdain. Combien de morts depuis six mille ans autour de Jérusalem ?

Elle divise ici en France. Peu importe qu'elle soit une foi spirituelle, une étiquette identitaire, une histoire millénaire ou plus, ou un manifeste politique. Peu importe qu'elle puisse être belle. Elle divise.

Et pourtant ce mot, "religion", étymologiquement, devrait relier. Quel paradoxe ! Mais les humains, ils sont extrêmement doués pour tout pervertir, tout inverser, tout confondre (voir à la fin).

Ele divise entre ceux qui, tous animés de bonnes intentions et de sympathies pour des peuples qui ont beaucoup souffert, se haïssent et s'invectivent mutuellement :

"Islamo-gauchiste !" / "Facho-sioniste !"  et autres noms d'oiseaux.

Pendant ce temps le climat autour de Jérusalem se désertifie, l'eau s'épuise, les sols fertiles ruissellent, le niveau de la Mer Morte baisse.

Maintenant, rêvons. C'est gratuit. Rêvons que Dieu existe, qu'il est bon, miséricordieux et tout-puissant. Que ferait-il ? Un super zakāt : زَكَاة - tzèdèq : צדקה.

Zakāt : زَكَاة ? Tzèdèq : צדקה ? qu'es aco ? cela veut dire une bonne action, en arabe et hébreu. C'est même l'un des piliers de l'islam et du judaïsme.

Mais quel zakāt : زَكَاة - tzèdèq : צדקה Dieu pourrait-il faire ? Il rendrait tout le monde athée. Et plus encore : il rendrait tout le monde humain et on serait des humains avant d'être arabe, juif, français, homme, femme, homo, hétéro, bi, entrepreneur, ouvrier, médecin, flic, noir, cuivré, blanc ou vert. Et il n'y aurait plus entre Méditerranée et Jourdain qu'un seul état laïc, capitale Jérusalem, tourisme florissant comme à Venise ou Florence, avec des citoyens tous égaux en droits : Canaan, et les Cananéens. Tout ce qui est aujourd'hui "sacré" et tue, serait laïc, patrimonial, artistique, et rendrait prospère. Plus aucune haine, plus aucune guerre.

Mais Dieu ne fait pas de miracles, il ne rend pas les humains athées. C'est peut-être parce qu'il les connaît trop bien. Il doit se dire que s'il leur enlève les religions, ils trouveront d'autres raisons pour s'entretuer, se séparer, s'opposer, se disputer des ressources et des territoires. La taille, la couleur de la peau, des yeux, des cheveux, les inégalités économiques, l'état de santé... ils trouveront. Les humains sont nombreux à aimer haïr. Why ? That is the question.

Comme Dieu, la France ne fait pas de miracles, mais elle a des idées. Elle a une solution. La laïcité. Mais beaucoup d'humains n'en veulent pas parce que ça les empêche de s'opposer les uns aux autres.

Il n'y a pas que Canaan : après feu la Yougoslavie, la Syrie et le Liban montrent aussi comment trop d'humains préfèrent s'affronter plutôt que vivre ensemble.

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L'actualité depuis 2020, c'est le "séparatisme". Celle de l'automne 2019, c'étaient les "lois liberticides" contre les signes religieux, c'était le "blasphème". Qu'es aco ?

Séparer quoi, de quoi ? Eh bien il s'agit de séparer ses valeurs personnelles de celles de la démocratie républicaine française, qui fonde le socle de l'État et de la légalité (en principe). Le gouvernement français a officiellement lancé le thème "République et Séparatisme", et le président Macron a nommément cité l'islam, mais que veut dire "islam" ?

Le mot "islam" veut dire "soumission à Dieu".
 
Vous pouvez à la rigueur ignorer la sunna  (tradition) et les hadiths  (citations de Mahomet, hors du Coran) des sunnites (quoi que ce soit très mal vu), ainsi que leurs équivalents chiites, mais vous devez avaler intégralement (d'où le mot "intégrisme") les 114 sourates et les 6236 versets (ayats ) du Coran, c'est un minimum. Sinon, vous n'êtes pas "soumis à Dieu".

Si vous n'avalez pas TOUT le potage, si vous ignorez les sourates qui ne vous plaisent pas, si vous y ajoutez des valeurs démocratiques modernes, vous n'êtes pas "soumis à Dieu".

Si vous avalez TOUT le potage, et rien que le potage, comme doit le faire un bon croyant, un fidèle à Dieu, votre "séparatisme" est inéluctable, car les valeurs du Coran et celles d'une Démocratie moderne sont trop différentes et en partie incompatibles.
 
D'un point de vue philosophique, dans tout "Livre sacré", le CENTRE ABSOLU est DIEU : l'humain n'est que sa créature, sa marionnette. Il peut avoir des besoins, mais ses droits se limitent à ce que Dieu l'autorise à faire ou lui interdit de faire. Point. Alors que dans une "Démocratie moderne", le CENTRE c'est l'ÊTRE HUMAIN et ses besoins lui donnent des droits autrement plus étendus que ceux concédés par les "Livres sacrés". Dont le droit de ne pas croire en un ou des Dieux ! Autrement dit, d'être insoumis.
 
Là aussi, incompatibilité fondamentale.

Nombreux sont les gens qui "touillent leur propre soupe spirituelle"  en dépit de ces incompatibilités, comme ces prêtres-ouvriers communistes qui prenaient ce qu'ils trouvaient de semblable dans le christianisme et le marxisme-léninisme, en ignorant purement et simplement ce qui se contredisait : le refus chrétien de combattre l'ordre social séculier par la violence, et l'athéisme militant communiste.

Est-ce que ça a marché ? Qu'a donné la "théologie de la Libération" en Amérique latine ? Moins d'haciendas ? Moins de spoliations ? Moins de violences ? À voir...

La volonté du gouvernement français d'empêcher le "séparatisme" va-t-elle, peut-elle aboutir à un "Islam républicain" ?

On peut certes espérer (c'est gratuit), mais aussi douter (c'est gratuit aussi). En effet, 98% des musulmans de France "touillaient aussi leur propre soupe musulmane"  en toute discrétion, en se basant sur celles des sourates qui laissent au croyant une certaine liberté de conscience et de pratique. Mais un durcissement de nos autorités républicaines peut les mettre au pied du mur, les forcer à choisir. Peut-être que la plupart des anciens continueront à "touiller leur soupe perso", mais il n'est pas nécessaire d'être énarque ni polytechnicien pour deviner que davantage de jeunes vont se crisper, se radicaliser, vouloir se "purifier", affirmer leur différence, bref choisir la SÉPARATION en pensant se redresser, retrouver une dignité (ne perdons pas de vue que beaucoup sont en bas de l'échelle sociale).

Que fera-t-on de ceux-là ? Les déchoir de la nationalité française ? Il faudrait changer la constitution ! Les expulser ensuite ? Vers ? Qui en voudrait ? Créer un Goulag français pour eux ? Cela fait beaucoup de questions sans réponse...

En tout cas, je peux témoigner, de par mon ancienne activité professionnelle, que les "jeunes issus de l'immigration"  ont soif de RACINES : ils sont EXTRÊMEMENT demandeurs de connaissances sur les pays d'origine de leurs ancêtres et la culture de ces pays (que leurs familles ne leur transmettent qu'au compte-gouttes et souvent seulement à travers le prisme religieux). Ces connaissances, quand on les leur offre, les enchantent et ces jeunes deviennent beaucoup plus OUVERTS sur le pays où ils vivent et sa culture ! car comment peut-on s'enraciner, si on n'a pas de racines ? C'est le B, A = BA de l'INTÉGRATION. Oui, j'ai eu la chance de constater cela dans mon métier, mais pas celle de voir l'État et l'Éducation nationale s'y mettre.

Alors, ces nouvelles guerres de religion, que trop de gens attendent (même s'ils sont minoritaires) ?

¿ Pasaran ? ¿ no pasaran ? ¿ quien sabe ?

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Étrange mot, « blasphème » ! C'est un mot grec : βλασφημία (vlasfeumia ) signifiant "insulte, calomnie".  Donc des paroles comme "salaud, salope, pute, enculé, je m'en bats les couilles"  et les crachats, les tags injurieux, les doigts d'honneur sont autant de « blasphèmes ». Bien sûr on apprend, enfin on tente d'apprendre aux jeunes à les éviter, mais en général on ne les punit pas, et ces témoignages de mépris, de haine, d'intolérance ou de racisme ne semblent pas scandaliser grand-monde.

Pour que le scandale arrive, il faut qu'une religion identitaire soit impliquée. Un être humain bien concret, vous pouvez l'insulter, mais une croyance, non.

Mais est-ce vraiment une croyance ? Il faut croire que non, car le croyant sincère aime son Dieu, se sent protégé par Lui, tente de s'améliorer, reste modeste, ignore les insultes et même les croyances des autres. Rien ne peut l'atteindre, le vexer, l'humilier. Il est au-dessus de ça, il est sage, serein, paisible, miséricordieux comme son Dieu qui est son modèle et son chemin. Pour vivre, ils se débrouille sans nuire à autrui, sans mépriser personne, sans mentir, sans voler, sans se venger et sans tuer, car il est au-dessus de la haine, de l'envie et de la violence qui dominent le monde. Le croyant sincère évite de blasphémer lui-même, mais reste indifférent aux blasphèmes des autres. C'est une bonne personne.

Si ce n'est donc pas une foi sincère qui crée le scandale et qui crie à la vengeance, alors qu'est-ce que c'est ? C'est le doute : celui qui crie, frappe et tue n'est pas sûr que sa croyance est vraie, que Dieu existe vraiment. Sa croyance n'est pas un chemin pour s'améliorer soi-même, elle n'est qu'une espèce d'armure identitaire car il n'a pas assez de personnalité pour s'affirmer par lui-même comme personne, comme individu. Alors, il s'affirme comme croyant, comme membre d'une communauté.

Mais en fait, il ne sait pas qui il est, à quoi il sert, pourquoi il est sur Terre : sa vie à lui n'a pas de sens, seule sa religion en a un. Dès lors, la moindre critique le blesse en lui rappelant son insignifiance, son ignorance, ses doutes. Comme il n'a pas d'estime pour lui-même, mais seulement pour sa religion, il va crier au scandale, appeler à la violence ou passer à l'acte au nom de Dieu. Sans se rendre compte que s'auto-proclamer "porte-parole de Dieu",  c'est-à-dire prétendre connaître et exprimer la pensée et la volonté de Dieu, c'est le plus grand des blasphèmes et un immense orgueil !

Croire et dire que Dieu pourrait être affaibli ou vexé par une critique, penser qu'il veut la haine, la violence et le meurtre, c'est non seulement le plus grand des « blasphèmes » mais aussi la plus haineuse des critiques envers Dieu, puisqu'on l'imagine, comme les Grecs antiques, fait à l'image des hommes : orgueilleux, susceptible, faible, fragile, jaloux, capable de faire du mal par vengeance. À quoi sert d'avoir un Dieu, s'il n'est pas différent du voisin de palier, du voyou de la rue en bas, du mafieux qui fait la loi dans la quartier?

Si donc vous entendez le mot « blasphème », vous n'avez pas affaire à un croyant sincère qui aime son Dieu et le prend pour modèle, mais à une être humain complexé et frustré qui imagine Dieu à son image, qui rétrécit Dieu, qui n'en fait qu'un jouet de sa haine et un prétexte de sa jalousie face à la liberté de parole et de critique des prétendus « blasphémateurs ».

Si, en plus, cet être humain complexé et frustré, a une tablette, un vélo, une voiture, une télé, s'il va à l'hôpital quand il est malade, c'est un hypocrite et un menteur de première, qui n'a aucun respect pour le « livre sacré » à partir duquel il prétend connaître Dieu. Car dans les « livres sacrés » il n'y a pas de liberté de pensée, de critique, de conscience et de recherche scientifique et technologique. Avec les religions, les humains ont vécu des millénaires sans électricité et sans technologies. Et ceux, rares, qui prennent les « livres sacrés » au sérieux, comme les amishes ou les mennonites, vivent encore aujourd'hui sans technologies modernes. La médecine et les technologie moderne sont les fruits de l'incroyance.

Le prétendu haredi, croisé  ou djihadiste  qui utilise un portable, de l'explosif ou une kalachnikov ne cherche pas à « servir Dieu ». En ensanglantant la vie au nom de Dieu, il "pisse et chie"  sur son Dieu (et encore, je suis poli). Ce qu'il cherche, c'est la célébrité pour lui-même.

Il aurait pu la gagner autrement, la célébrité. Il y a des calligraphes célèbres, des artistes, des musiciens, des techniciens, des médecins, des scientifiques et toute sorte de bienfaiteurs de l'humanité. Il y a des professionnels de bonne réputation. Mais eux, ils ont eu la chance qu'on les aide à trouver leurs racines sans ignorer celles de leurs voisins différents d'eux, à en être fiers, à être tolérants, à développer leurs talents, à trouver le sens de leur vie, savoir pourquoi ils existent. On leur a dit un jour : "regarde ce que tu fais facilement, avec plaisir et bien, et qui plaît aux autres, et trouve ou invente le métier qui va avec".

Les hypocrites et les menteurs n'ont pas eu cette chance. Ils ont grandi sans véritable respect et sans amour, avec pour seul horizon une religion. Et pas une religion d'amour, de fraternité et de justice, mais une d'intolérance, d'interdictions et d'obligations qui les a rendus complexés et frustrés.

Il semble que chez l'espèce Homo sapiens, il soit plus facile de faire couler le sang, de torturer et d'opprimer, que de se dire "on m'a menti, on m'a bourré le crâne de bêtises, on m'a empêché de devenir moi-même, de m'accomplir, ma famille et mes ancêtres ont eu tort, et pendant des siècles : il est temps de sortir de cette folie".  Car c'en est une. Du point de vue clinique, le communautarisme, le sectarisme, la radicalisation s'appellent des "schizophrénies collectives".

Ca peut se soigner. Il existe chez les jeunes une grande soif de savoir, de connaissance de leurs racines et de la diversité du monde, de voir clair dans les contradictions de ce qui les entoure et de ce qu'ils entendent, de pouvoir se situer eux-mêmes sur l'échiquier du monde et trouver par eux-mêmes leur place. Ca peut se soigner, mais ça coûte de l'argent. L'argent ! celui qu'on veut garder pour soi et ne surtout pas donner ! La seule religion vraiment sincère de notre monde présent, toutes croyances, incroyances et idéologies confondues !

Pour continuer à « optimiser » les profits et « alléger » les coûts, on peut bien sacrifier quelques libres-penseurs sur l'autel du « blasphème » ! Non, l'espèce humaine n'est pas Charlie. Elle est pognon. Un "Dieu" parfaitement compatible avec la notion de « blasphème ». Et qu'est-ce qu'un « blasphème » en économie ? Une critique de l'ultra-libéralisme déréglementé. Une pensée social-démocrate. L'humanisme. Le doute. Le multiculturalisme. Le "vivre-ensemble".

André Malraux aurait dit (cherche-t-on à nous faire croire) : "Le XXI-e siècle sera religieux ou ne sera pas". En fait il a dit "spirituel", vous voyez la nuance ? Quoi qu'il en soit, le grand homme aurait du dire "et", plutôt que "ou". Parce que vu comment il a commencé, il se pourrait bien que « le XXI-e siècle soit spirituel/religieux  "et"  ne soit pas ».

Après les attentats de Paris, Roger Cukierman, le président du Crif, et Yossi Gal, ambassadeur d'Israël en France ont dit chacun à sa manière : "Les juifs ne sont plus en sécurité en France, il serait plus sûr pour eux de faire Aliyah" (retour en "Terre sainte")... j'adore l'humour juif volontaire, mais je pleure lorsque comme ici, il est involontaire : sûr que derrière son mur, ce grand ghetto qu'est devenu Israël offre une "parfaite sécurité" ! Cette logique est la même que celle d'Omar Omsen.

Qui est Omar Omsen ? C'est le très écouté cyber-prédicateur qui dit : "les musulmans ne sont plus respectés en France, ils doivent faire Hijra" (retour en "Terre d'Islam").

Mieux pour eux, c'est à voir, vu la vie que l'on y mène, la démocratie qui y règne, et la manière dont on y partage les ressources : la qualité de vie dans le monde musulman, c'est un peu comme la sécurité en Israël… Mais que ce soit mieux pour les racistes français, là c'est sûr !

Monseigneur Dominique Rey, le très pieux évêque de Toulon, ne peut que louer Dieu lui aussi. Car Qui d'autre pourrait si bien répondre à ses prières, à travers les citations déformées de Malraux, de Cukierman, de Gal ou d'Omsen ? Pour les politiciens xénophobes également, Aliyah  et Hijra  c'est du pain bénit, ça veut dire un recentrage sur les "Français de souche", c'est à dire de tradition chrétienne. Chacun chez soi, les religions bien séparées et les moutons et les cochons seront bien gardés : credo commun.

C'est bien le cas à Chypre, au Liban, en Bosnie, en Syrie et ailleurs, partout où l'on ne se mélange pas, quelle horreur le mélange !

En France aussi, comme à Chypre, au Liban, en Syrie ou en Bosnie, nous pourrons séparer les communautés : les catholiques pratiquants dans l'Ouest et en Alsace-Moselle, les plus intégristes en Vendée, les protestants dans les Cévennes, les musulmans en banlieues nord parisienne et marseillaise, ou est-lyonnaise, les juifs dans le Marais à Paris, les bling-bling BCBG  du Figaro et les bobos  Nouvel'Obs (mêmes pubs !) dans Paris et la banlieue sud-ouest, les nationalistes français en Provence, la Corse au FLNC et le Pays Basque à l'ETA, et enfin les autres, ceux encore capables de se supporter par-delà leurs différences, en Aquitaine, Auvergne ou Bourgogne, jusqu'à ce qu'eux aussi décident de mettre entre eux des barbelés, miradors, projecteurs, détecteurs de mouvement, postes de tir automatisés, mines anti-personnel...

Le plus étonnant des vrais blasphèmes que j'aie entendu dans ma vie, a été prononcé par un jeune garçon turc vivant en Allemagne avec sa famille, de braves gans tolérants et sans histoires, mais allant tous les vendredi à la mosquée où l'imam se fait passer pour la parole de Dieu. La famille lui a demandé de les prendre tous en photo. Et là, au moment de prendre la photo, le jeune garçon, confiant en la parole de l'imam, a dit : "arrêtez de sourire, Dieu n'aime pas les gens qui sourient !"

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Malraux avait raison !

* Être juif, c'est un art. Être chrétien, c'est un droit. Être musulman, c'est une obligation. Et dans toutes les croyances, plus la religion est obligatoire, moins elle est un droit, plus certains croyants auront tendance à se radicaliser, car les libertés et les droits des autres leur sont insupportables, à eux qui doivent s'astreindre à toutes sortes d'obligations et de privations.

* Les Dieux ou Dieu, peu importe s'ils sont plusieurs ou un (dans l'azur cela ne s'exclut pas) contemplent ce millénaire gâchis tantôt pleurant, tantôt se réjouissant, comme nous au cinéma. Car pour ce qui est d'intervenir, de pouvoir et d'agir, ce n'est pas dans leur condition divine. Si c'était le cas et vu ce qu'est le monde, cela voudrait dire qu'ils (il) ne sont que des enfants jouant aux dés. Or Einstein a démontré que "Dieu ne joue pas aux dés" (la preuve ? les lois physiques, chimiques et biologiques produisent une "harmonia mundi"  dès lors que les humains ne s'en mêlent pas).

* Certains humains blasphèment en s'arrogeant la prétention de parler pour Dieu, de connaître Dieu. Suprême arrogance. Comme on dit en roumain, les qualités nécessaires pour être curé sont : a)- savoir bien chanter et parler de manière doucereuse ; b)- savoir bien compter les sous ; c)- avoir quelques notions de théologie ; et la plus importante : d)- ne pas craindre Dieu.

* Les catholiques se plaignent d'une "crise des vocations".  Ils ont tort : c'est juste qu'aujourd'hui en France, grâce à la laïcité, un clerc n'est plus un notable, et le "métier" n'est plus rentable comme il l'est en Roumanie. Ce n'est pas une "crise des vocations". C'est un "tri sélectif". En plus il faut faire voeu de célibat et de chasteté. Du coup, à part quelques pervers attirés par les enfants de coeur (heureusement minoritaires) seuls de vrais croyants entrent encore en religion. Du moins dans les pays riches.

* "Dieu ne joue pas aux dés" : il y a une "harmonia mundi"  dès lors que les humains ne s'en mêlent pas. Certains croyants expliquent ainsi le mal, par la "faute" des humains censés être "faibles et inconstants". Ils ont tort. Ce n'est pas la faute des humains. Et s'ils sont "faibles et inconstants", que doit faire un "Père"? Imaginons un père qui laisserait ses enfants faire n'importe quoi, picoler de l'alcool ou du liquide-vaisselle, jouer avec le feu, prendre le volant de la voiture sans permis, s'amuser à asperger les passants de caca, faire du tintamarre la nuit. Ils serait évidemment puni par la loi et considéré comme un mauvais père. On lui retirerait ses gosses. Mais Dieu, selon ces étranges croyants, Lui, il laisserait sans réagir "ses enfants" humains faire n'importe quoi, s'entretuer, se torturer... et Lui, il n'aurait rien à se reprocher ? En parlant de "berger" (pour paraphraser Jésus), ce berger-là laisserait sans réagir ses "brebis" se précipiter au ravin, et Il n'aurait rien à se reprocher?  Étrange croyance !!!!!

* "Dieu ne joue pas aux dés" mais ce n'est pas la faute des humains s'ils mettent le bordel dans la divine "harmonia mundi". C'est parce qu'il y a 800.000 ans, ils ont perdu le déterminisme des instincts, qui permet à chacune des autres espèces de s'alimenter, s'apparier, se reproduire, élever ses portées, vivre en société, régler un conflit, communiquer selon une seule et unique modalité pour tous les membres de cette espèce, modalité innée et héréditaire. Tandis que chez les humains, ça part dans tous les sens : il y a autant de régimes alimentaires, de modalités d'appariement, se reproduction, d'éducation des enfants, de vivre en société, de régler un conflit, de langues que d'individus, de familles, de groupes... il a fallu inventer des mots, des dessins, des coutumes, des croyances, des lois, des règlements pour arriver à vivre ensemble. Qui a "voulu" ce bordel si fertile, "pour le meilleur et pour le pire" ? Dieu, s'il existe ! Il en est donc responsable. En voilà une étrange logique !!!!!

* Voilà pourquoi je ne peux pas croire ces fadaises : par respect pour Dieu. Pour moi Dieu n'est pas "tout-puissant" et ne régit pas les destinées des humains. C'est un Amour Universel qui sous-tend l'univers et crée une "harmonia mundi"  (que nous pouvons entrevoir dans les beautés naturelles), et qui ne peut que contempler ce que nous faisons et ce qui nous arrive, impuissant mais pas indifférent. Car tout ce que nous disons, tout ce que nous faisons et tout ce qui nous arrive, qu'il s'agisse de grandes ou de petites choses, connues ou inconnues, bénéfiques ou maléfiques, laisse une trace sur la trame de la vie. "Dieu" ne peut que fournir un moyen de réparer. Ce moyen s'appelle l'Amour.

* Je ne prie jamais l'Amour Universel de me "donner" quelque-chose ou de me "pardonner" quelque chose, ou de m'aider. Mais lorsque je contemple de l'Amour, ou l'"harmonia mundi", j'éprouve de l'allégresse et l'envie de Le remercier. C'est là toute ma vie spirituelle. Pour moi c'est l'Amour qui est à l'origine des personnes et des familles sympa, des arts et des sciences. Quant aux clercs de toute religion, je ne les juge pas en tant que tels, mais seulement en tant que personnes, et avec méfiance (croit-il vraiment parler au nom de la divinité ? si oui, c'est un dangereux fanatique, sinon, c'est un simple escroc). Il y a de tout parmi eux. Mais bon, cela peut donner en effet de bonnes ambiances, de belles oeuvres d'art, de beaux spectacles. Les cathédrales ? quand j'en visite une, je m'imagine en bâtisseur, pas en usager...

* Dieu créa l'homme avant la femme. Pourquoi ? Chaque sexe a son explication.
Ève : "il Lui fallait d'abord s'exercer sur une ébauche".
Adam : "Il n'avait pas envie d'être abreuvé de critiques pendant qu'Il oeuvrait".
 
* Dans son infinie sagesse, Dieu acheva sa création par la clé de voûte de la perfection : l'espèce la plus évoluée, la seule qui ait une âme, la seule qui croit en Lui, la plus intelligente, la plus créative, la plus ingénieuse, la plus intéressante... l'Être Humain. Contemplant Sa création, Dieu se laissa pénétrer par la félicité et l'euphorie de cette perfection, luxe, calme et volupté. Mais le temps passant, Il se rendit compte qu'Il s'ennuyait. La création était trop parfaite, un très long et large fleuve trop tranquille : il ne se passait rien.
Il appela alors son collègue d'En Bas, celui jadis appelé Lucifer : "- Dis-donc Lulu, j'ai fini d'oeuvrer mais ma création est trop parfaite : ne pourrais-tu pas, sans rien détruire de ce que J'ai fait, y ajouter ton grain de sel ou de poivre, un peu de pilipili, de chili ou de harissa, histoire d'y ajouter un peu de peps ?"...

"- Pas de souci Didi", grommela l'Innommable, "je te fais ça de suite".
Et l'Immonde créa l'être le plus idiot, le plus terne, le plus inutile, le plus inférieur et méprisable, le plus insupportable, celui qui gâche tout :  l'Autre être humain, le Très Cher Collègue.

* Que font Yahvé, Dieu et Allah ?
Le premier t'apprend à être et faire sur terre.
Le deuxième te promet le paradis si tu y renonces sur terre.
Le troisième aussi, si en plus de renoncer, tu y fais la guerre.
On n'arrête pas le progrès. C'est quoi la prochaine étape ? Le paradis si on détruit la planète ? Mais ça existe déjà : ça s'appelle la pub !

* C'est quoi, "Dieu", là dehors ? C'est quand on n'a pas  d'yeux  intérieurs pour voir la réalité, la lumière, la vérité des choses, de la vie et de l'amour.

* Dieu fit. L'Homme défit. La Femme refit. Les trois sont refaits. Et tout ce qui vit aussi.

* Dieu voulut un jour que la tolérance, le respect mutuel et la Paix règnent sur terre entre tous les Humains. Alors il les rendit tous athées.

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"Des lois liberticides" !   Oh la grosse polémique...

Au nom de la liberté, tout règlement, toute obligation, toute limite posée au fanatisme, au sectarisme, à l'intolérance, à la diffamation, à l'envie ou à la convoitise, et même le code de la route, "c'est du nazisme" !

Oui, "du nazisme" ! : la Shoah ? ce n'était qu'un modeste début ! quant à Staline, Mao, Idi Amin Dada ou PolPot, ils sont passés par profits et pertes : leurs victimes n'étaient que des buveurs de vodka, des mangeurs de riz, des bridés, des trop bronzés, bref des métèques, pas des humains. Les trois quarts des jeunes ne savent même pas qui étaient tous ces "bienfaiteurs de l'humanité" longtemps encensés.

Alors, pour échapper au "nazisme", surtout ne nous soignons pas.

Ni pour le Covid, ni pour la grippe, ni pour le SRAS, ni pour le VIH, ni pour la variole, ni pour la rougeole, ni pour la lèpre, ni pour la gale, ni pour aucune autre maladie contagieuse ! Partageons fraternellement tous nos miasmes, refilons-les aux plus fragiles, ces feignants qui nous coûtent cher et qu'on ferait mieux de laisser crever !

Ainsi, le marché redémarrera (puisque tout est économique, et que le reste ne compte pas). Et le problème de la surpopulation sera résolu : le reste de la biosphère ne s'en portera que mieux...

Mais si c'est "liberticide" de ne pas pouvoir afficher sa religion avec ostentation dans l'espace public ou de devoir se vacciner en cas d'épidémie, alors pourquoi n'est-ce pas tout aussi scandaleusement "liberticide" de ne pas pouvoir pratiquer le nudisme dans l'espace public ? de ne pas pouvoir rouler ivres ? de ne pas pouvoir pratiquer la pédophilie ? de voir la haine, les insultes, les mensonges et le mépris censurés sur les réseaux sociaux ? de ne pas pouvoir arroser de glyphosate les pelouses des jardins d'enfants ? de ne pas pouvoir violer toutes les femmes qu'on veut ni même la "sienne" ? de ne pas pouvoir braquer les vieux (voire même les exterminer pour alléger les caisses de retraite) ?

"Liberticide", voilà un mot qui a perdu tout sens. Une loi est "liberticide" dès qu'elle t'empêche de faire tout ce qui te passe par la tête. Comment fais-tu pour ignorer que c'est elle qui assure ta liberté, puisqu'elle empêche ton voisin de te réduire en esclavage avec ta famille et de piller ton appart' avant d'y mettre le feu ?

Quand on parle de "lois liberticides", on parle en réalité des lois qui assurent ta liberté de conscience et ton droit à la santé. Celles qui te donnent le droit de croire ou de ne pas croire, de critiquer ou de moquer les idées ou les pratiques qui te déplaisent, de ne pas choper trop facilement les microbes des autres. Mais puisque tu veux l'ignorer, vas-y, lâche-toi : plante donc ton couteau dans le dos de ceux qui te défendent ! Lâche ta haine sur les flics et admire les truands qui, eux ne connaissent qu'une seule peine si tu les contraries : ta mort !

Allons-y : lâchons du lest sur l'ostentation, et vive la théocratie ! Car les croyants, et pas que ceux de l'étoile et du croissant, aimeraient bien empêcher quiconque de les critiquer ! Comme les dictateurs, comme les truands et comme les "amis" qui aiment bien partager leurs microbes, histoire de liberté (la leur, pas la tienne) d'égalité (si eux sont malades, toi tu dois l'être aussi, sinon ce ne serait pas juste) et de fraternité (si on partage de bon moments, il faut aussi partager les mauvais... les leurs, pas les tiens).

Ces humains-là ont en commun de prendre toute remarque comme une insulte : tu critiques la condition féminine dans l'Islam, la politique d'Israël vis-à-vis des Palestiniens, ou encore l'intégrisme chrétien qui aimerait bien interdire toutes les formes d'amour non-admises par les Églises ? Te voilà "islamophobe" (voire raciste), "antisémite" (voire nazi), "antichrétien" (voire antéchrist). Bref, "mécréant", "hérétique", "démoniaque".

Et comment finissent les "hérétiques", si la Loi, pour ne plus être "liberticide", s'aligne sur la religion ?

Lapidés, décapités, brûlés !

Ce n'est pas juste une question de voile ou pas voile, de kippa ou pas kippa, de croix ou pas croix.

C'est une question d'amour ou de haine, de vie et de mort.

Mais seulement pour l'Homo sapiens, la seule espèce pouvant être religieuse. Pour les autres espèces, la théocratie et toutes les autres dictatures, c'est du pain bénit. Elles poussent les Homo sapiens à s'entretuer, et moins il y a d'Homo sapiens, mieux c'est pour les autres espèces.

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Tout en nuances, les humains sont extrêmement doués pour tout pervertir, tout mélanger, tout confondre :

Abnégation <----> Sacrifice

Affection <----> Possession

Ambition <----> Prédation

Audace <----> Brutalité

Autonomie <----> Égoïsme

Besoin <----> Addiction

Créativité <----> Supériorité

Cohérence <----> Psychorigidité

Combat <----> Cruauté

Communication <----> Rumeur

Communisme <----> Soviétisme, maoïsme

Consommation <----> Gaspillage

Courage <----> Violence

Courtoisie <----> Hypocrisie

Désir <----> Convoitise

Devoir <----> Obligation

Dignité <----> Vanité

Diversité <---->Inégalité

Égalité <----> Uniformité

Enthousiasme <----> Fanatisme

Évolution <----> Révolution

Fantaisie <----> Incohérence

Fidélité <----> Obéissance

Gain <----> Profit

Générosité <----> Prodigalité

Humour <----> Sarcasme

Imagination <---->Mensonge

Initiative <----> Égocentrisme

Innovation <----> Désordre

Investigation <----> Espionnage

Justice <----> Vengeance

Largeur de vue <----> Confusion

Légitimité <----> Légalisme

Libéralisme <----> Capitalisme

Liberté <----> Chaos

Préservation <----> Sclérose

Professionnalisme <----> Indifférence

Prudence <----> Lâcheté

Respect <----> Servilité

Responsabilité <----> Domination

Rigueur <----> Dogmatisme

Solidarité <----> Conformité

Stabilité <----> Ordre coercitif

Talent <----> Orgueil

Tolérance <----> Laxisme

Vigilance <----> Paranoïa

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Bibliographie : -- Jean Baubérot, « Les Laïcités dans le monde », PUF, coll. Que sais-je ?, 2007 et « Laïcité sans frontières », Le Seuil, 2011. -- Pierre Bosset, « Le droit et la régulation de la diversité religieuse en France et au Québec, une même problématique, deux approches », Bulletin d’histoire politique, vol. 13, n° 3, 2005. -- Mohammed Chérif Ferjani, « Islamisme, laïcité et droits de l'Homme », L'Harmattan, 1991. -- Jean-Michel Ducomte, « Regards sur la laïcité », Paris, EDIMAF, coll. « La documentation républicaine / 1 », 2000. -- Ivan Illich, « La convivialité », 1973 Dernière édition, Le Seuil, 2003. -- Jean-Louis Schlegel, « La Loi de Dieu contre la liberté des hommes : intégrismes et fondamentalismes », Seuil, 2003.

Les bûchers pour les mal-pensants, c'était hier... et peut-être demain ? Certains, parmi nous, le souhaitent ! :

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