Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Si tu es arrivé ici, nous pourrons peut-être échanger quelques idées...

Futur, présent, passé

Publié le 14 Novembre 2021

Futur, présent, passé

On dit que "le temps passe".  C'est un leurre. Le temps ne passe pas. C'est nous qui passons.

Le "temps", la "4-ème dimension", n'existe même pas. Ce qui existe, ce sont des successions d'évènements, de phénomènes, de choses et d'êtres. Et aussi des machines, dont certaines font "tic-tac", qui sectionnent, fragmentent, calibrent une durée "t" en un point "g" afin de compenser la relativité, l'élasticité du temps. Toutes, même les plus sophistiquées et les plus atomiques, finissent par diverger les unes des autres et il faut régulièrement (ou irrégulièrement) les réajuster. Tout est relatif. C'est Albert qui le dit, pas moi.

À propos des temps, Pierre Dac disait : « - Le Futur ? C'est du Passé en préparation ! »

Et Ray Bradbury disait  : «  Si jamais un jour nos descendants trouvent le moyen de remonter le Temps jusqu'aux Dinosaures, ce ne sera qu'après avoir trouvé la Concorde Universelle ! Comme je peux en être si sûr ? Regardez les fossiles : y voyez-vous des traces de balles ? existe-t-il des douilles fossilisées ? des traces de campements de safari ? des traces d'exploitation minière dans les couches du Secondaire ? Rien : donc, soit nos descendants  "ne trouveront pas = n'ont jamais trouvé" le moyen de remonter le temps, soit, s'ils  "y parviendront = y sont parvenus", ils n'ont touché à rien, ont tout respecté et n'ont manifesté aucune convoitise, ce qui n'est possible que dans la concorde universelle ».

Le temps se décline au futur, au présent et au passé. Aujourd'hui, compte tenu de la situation, nous allons décliner le syntagme (attention, éloignez les personnes sensibles de l'écran) : « Chier dans la gueule ».  Grossier ? Oui. Mais c'est le seul syntagme assez clair pour exprimer la violence de ce que tous ensemble, nous faisons au futur, au présent et au passé.

FUTUR. Nous sommes face à l'épuisement des énergies "3 F" (fossiles, fissiles, faciles). Face à la perte de la potabilité et de la disponibilité des eaux douces. Face au réchauffement climatique, à l'érosion de la biodiversité, à l'épuisement des sols, à la prolifération des pathogènes. Face à toutes les tensions, les misères, les crispations, les violences, les exils, les guerres qui en découlent. On en parle depuis près de cent ans, mais lorsque j'étais jeune, celles (comme Rachel Carson) et ceux (comme Jean Dorst ou René Dumont) qui en parlaient, on leur riait au nez, on les diffamait, on les ridiculisait. Comme en médecine, quand on nous prescrit un régime et du sport, les solutions ne sont pas forcément agréables. Mais elles sont connues : sobriété, modération, durabilité, décroissance, partage, accueil, entraide, tolérance. On y va de toute manière, parce qu'on n'a pas le choix (nous aurions le choix si les physiciens avaient trouvé le moyen de voler leur énergie aux particules élémentaires, mais on en est loin et pour l'instant, toutes les tentatives consomment beaucoup plus d'énergie qu'elles n'en produisent).

Face à ces formidables défis, quelle position prennent les dirigeants et les citoyens du Troisième millénaire ? Celle de prolonger au maximum possible, "quoi qu'il en coûte" et quels qu'en soient les risques, les énergies "3 F", la croissance, les "trente glorieuses", la surconsommation, les vaines promesses, les rivalités, les replis identitaires, l'intolérance, les guerres. Comme poudre aux yeux, on a des espèces de kermesses appelées "COP" (on en est à plus de vingt et ça va continuer). Si cela, ce n'est pas dire : « nous chierons allégrement dans la gueule des générations futures »,  qu'est-ce que c'est ? Oui, nous le disons au FUTUR.

PRÉSENT. En France, au passé, on a eu des philosophes comme Althusser ou Sartre qui encensèrent Staline, Mao ou PolPot pendant que ces tyrans tuaient des millions de personnes. Car leurs victimes ne sont pas des chiffres, mais des personnes. Chaque crâne a une histoire, qui, à cause d'eux, s'est brutalement achevée par des tortures. Que Saint-Germain des Prés applaudissait et chantait. Grâce à cela, nous savons donc au PRÉSENT qu'être philosophe ne signifie pas forcément « aimer la sagesse » et n'exclut pas d'être si haineux envers les bourgeois dont on est issu, qu'on peut en venir à leur préférer des assassins (c'est le propos de la pièce "Les mains sales"  et le credo de tous les mouvements violents, qu'ils se proclament libertaires, marxistes, identitaires ou islamistes). Cela n'a jamais empêché ces mêmes philosophes de vivre très bourgeoisement au cœur de la capitale française, où plus aucun ouvrier n'a les moyens d'habiter. Belle manière de leur « chier dans la gueule »,  au PRÉSENT, aux ouvriers qui doivent se farcir des heures de transports en commun depuis les banlieues pour venir bosser au service de ces messieurs-dames les "bobos"...

Au PRÉSENT, l'un d'eux nous démontre que cela continue aujourd'hui. Il n'encense pas tel ou tel tyran en particulier, mais démolit la démocratie et le souci du futur avec la même haine, ce qui revient à appeler de ses vœux la tyrannie et le paiement des dettes des adultes d'aujourd'hui par ceux de demain, par nos enfants, par nos jeunes. Ce philosophe, c'est Michel Onfray. Comment peut-on appeler un philosophe qui « chie dans la gueule » des jeunes générations ? Un "philosophe de merde" ? Non, ce serait grossier. "De pacotille", peut-être ? En tout cas, en voilà un qui « chie très bien dans la gueule » non seulement de la petite Greta Thunberg qui s'inquiète de l'avenir qu'on lui prépare, mais de toutes celles et de tous ceux qui partagent cette inquiétude. Au PRÉSENT.

PASSÉ. Les intellectuels qui, en France, encensèrent des tyrans du passé, furent à leur tour encensés par des milliers de critiques, de journalistes, d'enseignants, et enseignés au Lycée où certains leur vouaient un véritable culte. Par rapport aux peuples victimes, tout cet encensement montrait à quel point les pays riches et libres leur « chiaient dans la gueule », aux peuples victimes. Tant d'excréments ne disparaissent pas sans laisser quelques traces, parfois dans des lieux inattendus : même une excellente émission d'« arte », de la série "Le dessous des cartes", titrée "À l'Est, combien d'Europes ?"  raconte beaucoup de choses intéressantes et exactes, mais à un moment du discours, l'émission m'affirme à moi qui ai vécu à l'Est avant l'ouverture du « rideau de fer », et à tous ses téléspectateurs, qu'au temps du totalitarisme passé, la médecine et le logement auraient été "quasi-gratuits" !!!!!

Or ça, c'est un élément de la propagande totalitaire qui s'est glissé dans le commentaire, comment, pourquoi ? je ne sais pas, mais c'est un mensonge, car nous, citoyens ordinaires, nous devions payer les soins et les loyers, certes à l'État (régie médicale ou immobilière) et, officiellement,  pas aux soignants eux-mêmes ni à des propriétaires privés, mais payer quand même, et ce n'était pas si bon marché que ça (l'habitat se montait à un tiers du salaire de mon père). De plus, le manque de logements et de soignants nécessitait des paiements en nature ou en services au personnel hospitalier et aux logeurs potentiels si l'on était dans l'urgence : l'économie clandestine compensait les maques de l'économie officielle. Seule la minorité des "camarades les plus méritants" (ou « nomenklatura ») bénéficiait de la gratuité réelle des services de l'État. Et de leur célérité, aussi, dont les autres étaient privés. Ainsi, à l'Est des tyrans ont « chié dans la gueule » des peuples, de chaque citoyenne et citoyen qu'ils terrorisaient, aliénaient ou tuaient, et à l'Ouest des menteurs professionnels ont « chié dans la gueule » de leurs compatriotes en leur racontant que les exploiteurs et les assassins étaient des bienfaiteurs de l'humanité travailleuse. Ce fut une intense « chierie » au PASSÉ et voilà pourquoi il en reste tant de traces.

Les plus victimes des victimes, ce sont les MORTS, passés, présents et à venir. Pour ma part, j'ai survécu et je peux pardonner le mal qu'on m'a fait, mais qui suis-je pour pardonner le mal fait à d'autres ? Seules les victimes d'un mal peuvent pardonner. Mais pour pouvoir éventuellement pardonner, encore faut-il avoir survécu. Cela dit, les bourreaux n'en ont à 99,98 % rien à foutre d'être pardonnés, car pour vouloir être pardonné, encore faut-il être conscient qu'on a mal agi. Et les bourreaux qui ont pris sincèrement cette conscience (je ne parle pas de ceux qui ont fait semblant pour échapper aux conséquences) sont si rares, que lorsque cela arrive, ça s'appelle un miracle. Comme dans le film "Mission"  de Roland Joffé, où l'homme miraculeusement touché par cette grâce est joué par Robert de Niro.

Vue la rareté des miracles, pas besoin d'être devin (pardon : "futurologue") pour prédire que lorsque l'Humanité aura passé, les excréments resteront. D'où le nom de l'époque géologique présente. "Anthropocène"  (= "âge de l'Homme") ? Que d'orgueil ! mais non : ce sera "Molysmocène"  (= "âge des déchets"). Ils se fossilisent déjà par milliards de tonnes au fond de toutes nos mers, en répandant leurs toxiques dans tous les cycles de la nature. Alors, elle est où, la grossièreté ?

Futur, présent, passé
Commenter cet article